Le mot de trop #01 : IMMERSIF
Certains mots finissent par devenir des réflexes.
On les lit dans les briefs, les présentations, les appels d'offres, les comptes rendus. Ils sont pratiques, séduisants, rassurants parfois.
Mais à force de les employer, savons-nous encore exactement ce que nous voulons dire lorsque nous les utilisons ?
C'est l'idée de cette nouvelle série : reprendre, un par un, quelques mots devenus familiers dans le vocabulaire événementiel. Pas pour les bannir. Pas pour distribuer les bons et les mauvais points. Simplement pour vérifier qu'ils racontent encore quelque chose.
Premier candidat : IMMERSIF.
Il suffit parfois d'un écran à 360°, d'une projection monumentale, d'un casque VR ou d'une scénographie spectaculaire pour qu'un événement devienne « immersif ».
Mais sommes-nous certains de parler d'immersion ?
On peut être entouré d'images et de sons et rester simple spectateur. À l'inverse, une lumière, une musique, une entrée en scène, une conversation inattendue ou même un silence peuvent parfois suffire.
À cet instant, le participant ne regarde plus l'événement.
Il le vit.
L'immersion n'est donc peut-être pas une question de technologie ou de démesure. Elle commence lorsque l'environnement réussit à nous faire oublier, quelques instants, tout ce qui existe autour.
Un mot n'est peut-être « de trop » que lorsqu'on cesse de se demander pourquoi on l'utilise.
Alors, « immersif »... on le garde ?