Comment as-tu vécu l'arrivée du COVID ?
Comme tout le monde, je pense. Personne ne s'y attendait ou en tout cas pas avec cette ampleur. Nous l'avons pris de plein fouet…
À titre personnel, après une période de flottement, de cocooning forcé, les enfants à la maison, où nous avons essayé de remplacer l'instituteur, il y eut une période de réflexion sur la vie et mes attentes.
Pour ma part, j'ai subi le COVID début avril, 10 jours vraiment très difficiles et même si j'ai eu la chance de ne pas aller à l'hôpital, l'isolement, l'alitement, les douleurs te font réfléchir au sens de la vie. Que sommes-nous face à la maladie ?...
J'ai connu au sortir de cette période COVID, un autre événement douloureux : la perte de ma maman (un an et demi après mon papa). Ceux qui me connaissent un peu savent à quel point je suis attaché à la famille, la famille de sang, la famille de cœur et la famille professionnelle (les deux dernières sont souvent mêlées et ceux qui ont assisté aux 20 ans de la société peuvent en témoigner !)
À titre professionnel, cela a été dur pour toute l'équipe. Du jour au lendemain, se retrouver seul chez soi, ne plus prendre le café avec les collègues, se faire des visio-réunions… Nous n'étions pas habitués, notre métier est quand même d'organiser des rencontres, de créer du lien, de l'affectif… de la vie en somme ! Mais là nous étions privés de ce qui fait l'essence même de notre raison d'être. Nous avons la chance d'avoir une équipe soudée et lorsque nous sentions que l'un(e) ou l'autre n'allait pas fort, chacun lui remontait le moral et ça repartait… C'est ça aussi l'esprit de famille !
Comment vis-tu cette période ?
Je pense que même si économiquement c'est très difficile, il nous faut voir cette épreuve comme une opportunité. L'opportunité de prendre de la hauteur, du recul, le temps d'analyser, de réfléchir pour nous réinventer. En temps d'activité dite « normale » nous ne prenions pas assez ce temps, le temps calme, ce temps où notre petite voix intérieure (clin d'œil à mon ami JF) nous guide et nous aide à prendre les décisions les meilleures pour nous.
C'est clair que nous sortirons de la crise par le haut, on sortira grandis de cette épreuve. Comme me l'a écrit un client/ami : « C'est ce qu'il faut retenir avant tout, comme notre grande capacité de résilience. »
Quel a été le moment le plus tendu de cette période au niveau de l'entreprise ?
Mars : notre carnet de commande se dégonfle tel un ballon de baudruche, et malgré un bon début d'année et de belles perspectives nous devons faire face à l'annulation et/ou au report de presque tous les événements de nos clients. L'ensemble de nos clients est plutôt bienveillant à notre égard, nous recevons même des messages d'encouragement et de soutien (voire des présents à l'occasion des fêtes de fin d'année). C'est aussi grâce à ses témoignages que nous gardons le moral et l'espoir de renaitre tel un phénix.
Ce qui est certainement le plus difficile pour moi ? Au-delà de ne plus prester… c'est de ne plus voir aussi souvent l'équipe, « LA » famille. Même si nous essayons d'échanger, de nous rencontrer quelques fois (lorsque les consignes sanitaires nous le permettent). Nous n'avons pas pris autant de plaisir cette année que lors de la dernière presta de l'année, à deux jours de Noël, l'équipe s'était reformée ! Tous testés au préalable, mesures sanitaires respectées nous avons passés trois journées / soirées / nuitées TOUS ENSEMBLE (!)… Comme au bon vieux temps.
Au niveau de l'activité, nous échangeons régulièrement avec nos prestataires, partenaires et fournisseurs (je n'aime pas beaucoup ce terme tant il est dénué d'affect). On « garde le contact », comme on dit. Nous travaillons sur les nouveaux produits que nous allons proposer, nous nous appuyons également sur une nouvelle structuration de l'activité. Actuellement je suis par exemple de très près la structure que mon fils Jules vient de créer : L'AGENCE ÉVÉNEMENTIELLE.
Il a 24 ans, le même âge qu'AUSTRASIA ÉVÉNEMENTS, il m'a donc toujours connu dans le métier, c'est dire s'il a été élevé au biberon de l'événementiel ! Avec ses collaborateurs, il travaille sur des solutions événementielles innovantes peut-être plus accessibles et adaptées au monde d'aujourd'hui et à celui de demain. En conjuguant sa fougue et notre savoir-faire, nous nous préparons à relever le défi du renouveau de notre cœur de métier. Faire de l'événementiel autrement tout en gardant nos valeurs. Construire les événements de demain en retrouvant le plaisir d'hier.
Comment vois-tu l'avenir ?
Paradoxalement assez sereinement. Je pense que nous nous en sortirons différents, modifiés, changés… peu importe mais nous nous en sortirons ! Surtout si nous restons unis. Nous pouvons constater que quand nous marchons ensemble, nous, les acteurs de notre profession, quand nous parlons d'une seule voix, nous savons nous faire entendre ! L'union fait la force. Petites structures ou mastodontes, jeunes ou plus anciennes… toutes les forces de l'événementiel sont importantes. Agences, prestataires, traiteurs, sites ou intermittents auront leur place dans la relance sociale et économique à venir. Et nous en serons !
J'invite tous ceux qui ont envie de sortir de cette crise à nous rejoindre, pour que le découragement devienne l'envie. Pour que l'asthénie devienne l'enchantement. Pour que nous retrouvions les sourires, les joies, les "checks" de fin de prestation, les remerciements de nos clients et de leurs invités bref… tout ce qui nous a fait avancer hier et nous fait avancer, encore et malgré tout, aujourd'hui.
Il est certain que rien ne sera plus comme avant, mais je suis persuadé que ce sera encore mieux ! Et pour vous le prouver, je vous donne rendez-vous bientôt là où est notre place : au cœur d'un événement !